NOM:   SAADEDDINE
PRÉNOM:   Samia
DATE DE NAISSANCE:   19/09/1981
SEXE:   Féminin
VILLE DE RESIDENCE:   Alger
NATIONALITÉ:   Algerienne
ENCEINTE:  Non
Disparition
DATE DE LA DISPARITION:   07/09/1997
FORCES SUPPOSÉES RESPONSABLES DE LA DISPARITION (FORCES GOUVERNEMENTALES OU DÉPANT DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT DE L'ETAT):   agents de la sécurité militaire
HISTOIRE DE LA DISPARITION SELON LES TÉMOINS:  

Samia avait à peine 16 ans au moment de sa disparition et était fiancée depuis peu. Le matin du 7 septembre 1997, son fiancé, Abdelkader Tikialine, est venu la chercher car elle avait été invitée par sa belle-famille. La mère de Samia a alors informé Abdelkader que sa fille était chez sa tante paternelle dans le quartier du Climat de France.

Vers 14h, Abdelkader se présente au domicile de la tante de Samia pour récupérer sa fiancée. Il était convenu qu’il ramènerait Samia chez sa tante à 16h30. Ils sont partis tous les deux à bord de la voiture d’Abdelkader de marque Mazda.

A 20 heures, la tante ne voyant pas revenir les fiancés, commence à s’inquiéter et appelle la mère  de Samia pour lui expliquer que sa fille n’est pas encore rentrée.

La famille de Samia se rend alors immédiatement chez les Tikialine et là, elle apprend que les deux fiancés ne sont jamais arrivés à destination et qu’Abdelakder n’était toujours pas rentré.

Le lendemain matin, les parents de Samia se rendent à la gendarmerie de Bouzareah et déclarent la disparition de leur fille.

Trois jours après l’arrestation,  la famille de Samia a retrouvé la voiture d’Abdelkader, garée devant le poste de gendarmerie de Bab El Djedid, grâce à un coup de téléphone d’un gendarme. Les gendarmes ont retrouvé la voiture, selon eux, à proximité de la forêt de Baïnem.

Une semaine après cette mystérieuse disparition, un inconnu s’est présenté au domicile de la famille Tikialine et a déclaré à la famille que les deux jeunes fiancés avaient étés arrêtés par des agents de la sécurité militaire venus à bord d’une voiture un Renault Express blanche.

Cinq mois plus tard, la famille Tikialine reçoit un coup de fil anonyme qui l’informe que « les deux jeunes gens étaient détenus au commissariat d’El Biar et qu’ils se trouvaient dans un sale état ». Les parents se sont rendus à ce commissariat mais les policiers ont nié catégoriquement les détenir.

En 2000, un homme s’est présenté au domicile des Saadeddine. Il cherchait la famille de Samia de Beau Fraisier car il était porteur d’un message de la part de son épouse incarcérée au moment même à la prison d’El Harrach. Elle lui a demandé de chercher la famille de Samia à Beau Fraisier pour l’informer que leur fille était détenue à El Harrach à l’isolement et qu’elle ne recevait jamais de visites. Mais les autorités ont nié toute présence de Samia dans cet établissement.

N’ayant pas trouvé trace de leur fille, ni de réponse satisfaisante de la part du Procureur, extenuée, la famille saisi le CICR en 2005. En 2006, le CICR répond à la famille que la seule information qu’ils ont pu trouver en consultant les registres de la prison d’El Harrach est que « votre fille a été libérée de ce même établissement en date du 03.08.1997 ». Soit une année avant sa disparition.
 

INITIATIVES DE LA FAMILLE:  
  • Plainte auprès du procureur de la République près le tribunal de Baïnem le 29/11/1998.
  • Plainte auprès du Procureur général de la Cour d’Alger le 04/06/1998.
  • Lettres adressées au Président de la République, au Médiateur de la République, au Ministre de la Justice, à l’Observatoire National des Droits de l’Homme et à la gendarmerie de Bouzareah.
RÉPONSE DES AUTORITÉS:  
  • La famille a été convoquée au tribunal de Bir Mourad Rais le 18/05/1999.
  • Le juge d'instruction a délivré un non-lieu le 30/09/1999.
  • La famille a été convoquée au tribunal de Bir Mourad Rais pour une audience fixée le 26/04/2000. Cette audience a été reportée au 25/10/2000, laquelle à son tour a été reportée sans nouvelle date. 
  • Les autorités ont toujours nié avoir arrêté Samia. Elles refusent également de confirmer qu'elle était emprisonnée à El Harrach, unique prison pour femmes.
Rapport
ORGANISATION:   Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie
ADRESSE DE L´ORGANISATION:   112 rue de Charenton 75012-Paris-France
DATE :   08/06/2015