NOM:   BOUAROURA
PRÉNOM:   Djamel
DATE DE NAISSANCE:   27/04/1973
SEXE:   Masculin
VILLE DE RESIDENCE:   Kouba
NATIONALITÉ:   Algerienne
Disparition
DATE DE LA DISPARITION:   17/11/1994
LIEU DE L'ARRESTATION OU ENLÈVEMENT, OU LIEU OÙ LA PERSONNE DISPARUE A ÉTÉ VUE POUR LA DERNIÈRE FOIS.( VILLE / RÉGION):   A son domicile
FORCES SUPPOSÉES RESPONSABLES DE LA DISPARITION (FORCES GOUVERNEMENTALES OU DÉPANT DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT DE L'ETAT):   Des policiers cagoulés
HISTOIRE DE LA DISPARITION SELON LES TÉMOINS:  

Djamel se trouvait chez lui avec son frère Noureddine lorsque des policiers cagoulés et en tenue officielle se sont introduits dans la maison le 17 novembre 1994 à deux heures du matin et les ont arrêtés.

Le drame de la famille Bouaroura avait commencé en février 1994, lorsque des policiers en tenue et cagoulés avaient encerclé leur maison, à la recherche de Hamid, l’un des fils.  Ce dernier était dehors avec ses amis pour une veillée de Ramadan. Les policiers avaient fouillé toute la maison, saccagé et volé de nombreux objets, des photos, etc. Ils étaient repartis en embarquant Rachid, le père, et l'un des fils, Karim.

Rachid et Karim avaient été emmenés à la caserne de Chateauneuf où ils avaient été torturés pendant 40 jours. Ils avaient ensuite été jugés et condamnés à trois ans de prison ferme.

A la suite de leur arrestation, la police n’avait pas cessé de revenir au domicile de la famille Bouaroura, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Ils passaient par-dessus le mur de la maison en grimpant par le poteau électrique à l’extérieur et arrivaient dans la cour intérieure par la terrasse. Ils menaçaient en pleine nuit les membres de la famille avec leurs armes, les frappaient, les humiliaient. C’était toujours les mêmes policiers qui revenaient. Même si ils étaient cagoulés, ils étaient reconnus à leur voix. Les fils étaient sans cesse convoqués au commissariat ou arrêtés dans la rue et emmenés au commissariat. C’est ainsi que Djamel et Nourredine ont été arrêtés cette fameuse nuit et sont toujours portés disparus depuis.

Un autre fils, Mohamed, 19 ans à l’époque, a été blessé par la police lors d’une intervention dans le quartier le 27 mars 1995. Les policiers l’ont emmené à l’hopital mais lorsque la mère s’y est rendue, le personnel soignant lui a dit que la police l’avait effectivement amené pour des soins mais qu’ils étaient repartis avec lui. La mère apprendra plus tard que son fils Mohamed serait décédé le jour même et enterré au cimetière d’El Alia.

Hamid quant à lui a pris peur et a fui dès qu’il a appris que la police était à sa recherche. Depuis cette nuit là, la famille n’a plus eu de ses nouvelles.

INITIATIVES DE LA FAMILLE:  

Des lettres ont été adressées aux tribunaux et aux commissariats.

RÉPONSE DES AUTORITÉS:  

Convocation pour Djamel le 20 mars 1998 de la part de la direction générale de la sécurité nationale.

En 1997, la mère Bourouara a été convoquée à la gendarmerie de Bab Djedid dans le cadre de la constitution du fichier central de disparus.

Rapport
ORGANISATION:   Collectif de Familles de Disparus en Algérie (CFDA)
ADRESSE DE L´ORGANISATION:   112, rue de charenton, 75012, Paris - France
DATE :   23/11/2015