NOM:   NOUAH
PRÉNOM:   Youcef
DATE DE NAISSANCE:   26/02/1958
SEXE:   Masculin
NATIONALITÉ:   Algerienne
Disparition
DATE DE LA DISPARITION:   17/10/1994
LIEU DE L'ARRESTATION OU ENLÈVEMENT, OU LIEU OÙ LA PERSONNE DISPARUE A ÉTÉ VUE POUR LA DERNIÈRE FOIS.( VILLE / RÉGION):   Commissariat de Bourouba
FORCES SUPPOSÉES RESPONSABLES DE LA DISPARITION (FORCES GOUVERNEMENTALES OU DÉPANT DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT DE L'ETAT):   Des policiers du commissariat de Bourouba
HISTOIRE DE LA DISPARITION SELON LES TÉMOINS:  

 Youcef était âgé de 36 ans au moment de son arrestation, marié et père de 3 enfants. 

Le 17 octobre 1994, un ratissage a eu lieu dans le quartier par des policiers du commissariat de la Montagne de Bourouba, qui avaient une liste de noms et qui cherchaient donc des personnes spécifiques.

Ces policiers en tenue officielle, se sont présentés au domicile de Youcef, mais ce dernier ne se trouvait pas chez lui. Ils ont alors fouillé toute la maison et ont arrêté Hocine, le frère de Youcef qui se trouvait là. Ils ont également pris le livret de famille et ont demandé à Zohra, l’épouse de Youcef, de dire à son mari de se présenter au commissariat, dès son retour, pour de simples questions.

Vers 14 h, à son retour, apprenant la nouvelle, Youcef s’est immédiatement rendu au commissariat de Bourouba. Ne le voyant pas revenir, son épouse, inquiète, s’est à son tour rendue au commissariat de Bourouba où les policiers lui ont dit que Youcef ne s’était pas présenté.

Un mois plus tard, Hocine a été relâché. Il a alors indiqué qu’il était avec son frère au commissariat de Bourouba où ils étaient détenus et qu’il avait même assisté à des séances de torture qui avaient été infligées à Youcef.

Une information non officielle est parvenue à Zohra, l’épouse de Youcef indiquant que Youcef avait été transféré au commissariat central. Zohra s’y est rendue. Les agents ont nié détenir Youcef et ont dirigé Zohra vers le tribunal d’Alger.

Au tribunal d’Alger, Zohra a obtenu, le 12 février 1995, un permis de visite signé du procureur pour voir Youcef à la prison d’El Harrach. Arrivée à la prison, il lui a été dit que le nom de Youcef ne figurait pas sur la liste des détenus. Elle a ensuite obtenu un permis de visite pour la prison de Serkadji mais, de la même façon, on lui a dit que son mari ne s’y trouvait pas.

La mère de Youcef, quant à elle, se rendait régulièrement au cimetière d’El Alia car de nombreux corps non identifiés y étaient ramenés. Environ un an et demi après la disparition de Youcef, début 1996, à la morgue du cimetière d’El Alia, un homme a remis un numéro de tombe à la mère prétendant que c’était celle de Youcef.  Avec le numéro, la mère de Youcef s’est rendue à l’administration du cimetière où on lui a répondu qu’il était impossible de connaître l’identité de la personne enterrée sous ce numéro.

Depuis, la famille est toujours en attente de connaitre la Vérité sur le sort qui a été réservé à Youcef. 

INITIATIVES DE LA FAMILLE:  

 Une plainte a été envoyée le 06 février 1995 à la Commission Nationale Consultative de Promotion et de Protection des Droit de l’Homme (CNCPPDH) par Zohra, l’épouse de Youcef. Un dossier a été également déposé auprès du Ministère de la Solidarité en vue d’obtenir une aide sociale (récépissé du 22 mars 2007).

RÉPONSE DES AUTORITÉS:  

 Une réponse de la CNCPPDH a été reçue le 1er août 2004 pour se présenter à son siège et une autre réponse a été reçue le 14 septembre 2005 sans grande avancée.

Rapport
ORGANISATION:   Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie
ADRESSE DE L´ORGANISATION:   112 rue de Charenton 75012-Paris-France